Coup de coeur : Jean-Christophe Portes : L'espion des Tuileries - Valérie Perrin : Trois- Tracy Chevalier: la fileuse de verre -
Valeurs sûres : Dominique Manotti : A nos chevaux ! - John le Carré : l'espion qui aimait les livres - Ian Manook : Krummavisur - Romain Puertolas : la dictature des confitures - Joseph O'Connor: les fantômes de Rome - John Banville : le printemps basque d'April Latimer -
Suite de séries : Jean-Christophe Portes: La trahison des Jacobins - Minna Lindgren: les petits vieux font le mur - Minna Lindgren : les petits vieux d'Helsinki se couchent de bonne heure-
Carlo Lucarelli : Albergo Italia
Erythrée 1899, pendant la colonisation italienne. L'action se passe à Massaoua. Oualla, qui veut dire la polissonne en tigrigna, séduit un officier qui a la garde d'un entrepôt. Cet entrepôt est vandalisé. Le capitaine Colaprico, natif des Pouilles et amateur de livres de criminologie et de Conan Doyle, se rend sur les lieux avec Ogbà, un zaptiè, un carabinier indigène. Puis à Asmara sous une averse de grêle, dans le nouvel hôtel l'Albergo Italia peu de temps avant son inauguration, un imprimeur de Turin est retrouvé pendu, mais la porte était fermée de l'intérieur alors suicide ? C'est sans compter sur les talents d'observateur d'Ogbà qui aura tôt fait de donner tous les éléments au capitaine Colaprico pour reclassifier l'affaire en meurtre et où ils croiseront un soi-disant géologue Michele Stevano, une belle rousse Margharita dont le capitaine tombera amoureux, pour déboucher sur le scandale politico-financier de la Banca Romana (qui a réellement eu lieu en 1892). Le duo d'enquêteurs fonctionne bien et on ressent le lien d'amitié et respect entre eux. On ressent également à travers la narration la chaleur étouffante de Massaoua et on prend plaisir à suivre Colaprico et Ogbà jusqu'à respirer avec eux la poussière des chemins. Le conteur nous réjouit avec son style, ses descriptions et ces mots de dialecte italien et de dialecte tigrina parsemés par ci par là.
Des années auparavant, quand il était encore un askari d'artillerie avec le canon cousu sur le tarbouch, Ogbà avait été appelé par son boulouk-bachi parce qu'il y avait un adjudant de carabiniers qui voulait lui parler.
L'adjudant Doro l'attendait à côté d'un canon, la pointe de la botte passée entre les rayons d'une roue et les bras posés sur le genou relevé. Il mastiquait un bâtonnet en bois comme si c'était un mawit pour se nettoyer les dents à la manière abeshà et il l'avait longuement regardé, immobile au garde à vous, avant de parler.
" D'après toi, lui demanda-t-il, quelle est la meilleure qualité, pour un zaptié ?"
Il avait déjà posé la même question aux deux autres askaris parce que l'adjudant était en train de sélectionner les meilleurs hommes pour les prendre dans les services indigènes des carabiniers, on lui en avait signalé trois mais sur ce recrutement il n'y avait de pace que pour un.
"Observer, avait dit Ogbà.
[...] Seulement observer ? avait demandé le brigadier[...]
-Ecouter, aussi.
-Très bien, c'est tout ? [...]
- Feletè, lui avait-il dit, feletè, comment on dit..."
Connaître, avait dit l'adjudant, un des rares italiens en Erythrée à parler tigrigna, et en ce même matin la femme d'Ogbà avait décousu le canon sur son tarbouch pour le remplacer par la flamme des carabiniers.
Dominique Manotti : A nos chevaux !J'avais bien aimé sombre sentier (cf envie de lire chap 36) et donc j'ai pris le deuxième de la série qui se situe en 1989 où le commissaire Daquin est aux prises avec des narcotrafiquants dans le milieu hippique.
Son équipe composée de Lavorel, Romero, Amelot et Berry (deux jeunots surnommés les enfants de choeur) est renforcée pour cette enquête par Le Dem de la brigade équestre de la Courneuve.
A Lonchamp une femme est assassinée, puis des chevaux de courses meurent de façon inexpliquée, des écuries sont incendiées à Chantilly. Des anciens étudiants militants en 1968, aspirés par le pouvoir et l'argent, se retrouvent à des postes hauts placés. La cocaïne coule à flot dans leur soirées parisiennes. Compromissions, magouilles, prostitution, trafic de drogue et blanchiment d'argent... voilà la trame de ce polar où le style Manotti est toujours le même phrases courtes sans fioritures et en toile de fond la chute du mur de Berlin.
Bref j'ai beaucoup aimé aussi.
Extrait :
"- Avec l'accord de votre hiérarchie, je suis venu vous proposer d'accepter une mutation dans mon équipe, à la BSP, pour la durée d'une enquête dans le milieu des chevaux, probablement courte, avec une promotion à la clé.
- Je peux refuser ?
Daquin préfère sourire.
- Tout de suite, comme ça ? Sans même un peu de curiosité ?
- C'est que, ici j'aime beaucoup mon travail. Je vis avec mon cheval, je patrouille avec lui dans le parc. J'assure la sécurité des promeneurs, je leur porte secours en cas de besoin, et je fais plus de prévention que de répression. J'ai de très bons rapports avec tous les gosses des environs, je leur donne une meilleure image de la police, vous voyez, un service public sans violence, ce qui me convient. Les Stups, c'est la guerre. Et je ne saurais pas la faire.
Un Martien dans les HLM. Et je tombe dessus.
- Cette mutation vous poserait des problèmes, disons d'organisation de votre vie familiale ?
- Non ce n'est pas cela, je suis célibataire. (Sans émotion apparente.)
Daquin contemple la tasse qu'il fait tourner entre ses doigts.
- Je ne vais pas vous dire que nous sommes des non-violents. Et je comprends bien que votre conception du service public soit différente de la nôtre. Mais si vous acceptez, à la fin de cette enquête, j'obtiens votre mutation en Bretagne, près de chez vous. (Un regard par la fenêtre. A la porte du box, le cheval bai, la tête dressée, les oreilles pointées, écoute le grondement de l'autoroute.) Et je m'engage à ce que vous puissiez emmener le cheval avec lequel vous travaillez en ce moment.
Battements de cils. Touché.
- Vous pourriez faire ça ?
- Parole de commissaire.
- (Sourire.) J'accepte."
John le Carré : l'espion qui aimait les livres
Julian Lawndsley, un ancien trader à la City qui a fait fortune et qui souhaitait changer de vie, a débarqué dans une station balnéaire du Suffolk pour ouvrir une librairie "Aux bons livres de Lawndsley". Un client lui rend visite, un certain Edward Avon, qui lui affirme avoir bien connu son père. Il lui propose même d'installer au sous-sol, une bibliothèque idéale appelée la République de la littérature, et rassemblant de grands ouvrages littéraires.
Autour d'eux gravitent des personnages ayant tous un lien avec les services secrets, dont Stewart Proctor qui sous ses airs de bon père de famille, n'est ni plus ni moins le directeur du renseignement britannique. Suite à des fuites au sein de son administration qui pourraient bien lui être préjudiciables, il mène une enquête sur Avon, polonais d'origine dont le père avait aidé les nazis, sur son rôle pendant la guerre de Bosnie en 1990.
Ca se lit bien, même si on doit parfois revenir en arrière par rapport aux personnages.
Extrait :
-Je sais ce que tu vas dire chérie : tout ce qu'il voulait c'était s'éloigner de Debbie. Mais ce n'est pas vrai tu vois. Il s'était trouvé une nouvelle cause et c'est tout ce qu comptait.
- Et cette cause, c'était quoi, d'après toi ? demanda Proctor en laissant Joan de côté un instant de plus.
- La paix, ça ne fait aucun doute, répliqua Philip sans la moindre hésitation. Arrêtez la guerre, arrêtez les fascistes. Il savait qu'il y en avait plein, en Bosnie. Et il ne faut jamais sous-estimer l'importante du père de Florian, ni celle de son propre passé communiste. Les seuls conseils que je t'ai donnés quand tu l'as repris, hein ? Joan ? Un extrémiste est un extrémiste. Qu'il soit ex communiste ou ex autre chose, peu importe, c'est le même bonhomme. On ne change pas son raisonnement uniquement parce que la conclusion a changé. On change la conclusion. C'est la nature humaine. Et Stewart, à ce propos, tu peux leur donner un avertissement en ce sens, à tes petits nouveaux, s'ils se lancent dans le recrutement d'anciens fanatiques : ne jamais oublier qui ils ont été, parce que c'est toujours en eux, quelque part ?
Jean-Christophe Portes : L'espion des Tuileries
Extrait :
Tome 4 de la série Victor Dauterives que je trouve de plus en plus passionnante. Nous sommes en 1792 et c'est la guerre entre la France et l'Autriche. Victor doit escorter un convoi qui transporte la paye de l'armée soir 500 000 livres. Mais le convoi est attaqué et l'argent disparaît. Dauterives poursuit les voleurs sans succès. A Paris, les Girondins tiennent le pouvoir à l'Assemblée. La Fayette demande à Victor de rencontrer le Roi, confiné aux Tuileries, pour lui faire part de son plan pour le sauver. Introduit par Stohrer le pâtissier du roi (celui qui a inventé le baba au rhum), il a du mal à convaincre le roi et notamment la Reine, qui a une aversion envers Lafayette, influencés par leurs conseillers. Le roi renvoie les ministres girondins, il utilise son véto sur les prêtres réfractaires, le 20 juin les parisiens envahissent les Tuileries.
Victor doit aussi échapper au juge de paix Dossonville et ses hommes de main qui l'accuse d'avoir dérober l'argent, et qui en clair aimerait bien le récupérer.
Manipulations, complots rien ne sera épargné à Victor qui devra bien choisir son camp.
L'auteur restitue l'ambiance de cette époque chaotique.
Le jeune homme ne savait que trop penser de ces Girondins, la faction désormais majoritaire au sein du club des Jacobins : Brissaud, Roland et son épouse Manon, Condorcet ou Vergniaud... L'hiver dernier, il avait été témoin de la lutte fratricide entre ces hommes, qui voulaient se lancer dans une croisade patriotique contre les têtes couronnées d'Europe et Robespierre, leur seul opposant. Ce dernier voulait d'abord vaincre les ennemis de l'intérieur, la contre-révolution, avant de tenter une aventure militaire. "Personne n'aime les missionnaires armés", avait-il déclaré. Mais il avait perdu. Les Girondins avaient été appelés au gouvernement par Louis XVI, qui avait fini par déclarer la guerre sous leur pression.
Décidemment, songeait le jeune homme, le pouvoir était comme une fièvre maligne, qui brûlait les âmes et corrompait les hommes ; les calculs l'emportaient sur l'intérêt commun. Il leur fallait vaincre à tout prix, quitte à régner sur un champ de ruines.
Dans un éclair, il entrevit la suite du raisonnement de La Fayette. Déjà le général se tournait vers lui.
- Le vol du trésor est peut-être lié à cette affaire, Victor. La fuite de l'information sur le convoi vient du ministère, de Paris. On me prive des fonds indispensables pour payer les vivres et les fournisseurs. On me lance des ordres insensés. On veut ma perte. Tout ça ne peut être un hasard.
Ian Manook : Krummavisur
Krummavisur : le chant des corbeaux, chant que fredonne Kornélius Jakobsson, qui a été mis en retraite anticipée de la police et qui passe son temps à voir les éruptions volcaniques ou à faire voler son drone au-dessus de la mer pour filmer le mascaret. Seulement le voilà qui devient témoin car des hommes sont retrouvés mort emprisonnés dans la glace.
Pendant ce temps l'inspectrice Botty arrête spectaculairement un chalutier piloté par deux groenlandais suspectés d'avoir assassiner une jeune fille, Anika.
Alors que Botty, qui au cours de son enquête cherche à prouver la culpabilité d'un député, est mise sur la touche, c'est Kornélius qui reprend l'enquête aidé par le jeune inspecteur Ari Eiriksson dont la particularité est de citer un dicton parmi les sept cent trente-quatre que lui a appris son grand-père et que personne ne comprend !
Entre la description des paysages islandais qui donne envie de prendre l'avion pour se promener auprès de ce volcan au nom imprononçable et le réchauffement climatique qui fait apparaitre au Groenland une base militaire construite au temps de la guerre froide USA/Union Soviétique appelée "IceWorm" et qui aurait dû rester enfouie dans la glace, une mallette de cinq millions de dollars, il fallait bien la force tranquille de Kornélius, le pire meilleur flic d'Islande pour venir à bout des manœuvres politiciennes de tout bord.
Extrait :
Kornelius va prendre la communication au poste fixe, sous le regard sidéré et admiratif du jeune inspecteur.
- L'engueulade, c'était pour leur enregistrement, explique d'emblée le commissaire national.
- J'avais compris, monsieur.
- Oui, j'avais compris que vous auriez compris mon allusion au chalet. Ecoutez, Jakobson, je suis le mieux placé pour savoir quel emmerdeur vous êtes, puisque je dois mon poste au fait que vous avez déglingué ma prédécesseuse. Alors évitons les circonvolutions. Vous venez de reprendre du service. Vous êtes consultant sur cette affaire. Ces Américains commencent à nous chier dans les bottes. Imaginez-vous qu'ils ont appelé jusqu'à la présidence ! Mais le gouvernement est solidaire là-dessus. Nous voulons garder la main sur cette enquête. Nous avons dû leur accorder un droit de regard, mais nous voulons un homme avec assez de bouteille pour les gérer. Ari Eiriksson est un excellent élément, mais il n'a pas encore l'expérience pour résister aux tordus des services secrets américains. Parce qu'il ne fait aucun doute que leur agitation autour des trois corps de Jökulsãrlõn cache encore un bâton merdeux. Alors vous ne les lâchez pas d'une semelle, compris ?"
Bernard Minier : LuciaMon premier livre de Bernard Minier. Le premier d'une trilogie avec son enquêtrice Lucia Guerrero. A Madrid, Lucia, lieutenante à l'Unité Centrale Opérationnelle de la Guardia Civil, est appelée sur une scène de crime, qui n'est autre que son collègue, avec qui elle a eu une liaison, trouvé crucifié et collé sur un calvaire.
Parallèlement à l'université de Salamanque, un groupe d'étudiants dirigés par le professeur de criminologie Salomon Borges vont découvrir grâce au logiciel qu'ils sont en train de mettre au point, DIMAS, l'existence dans le passé de plusieurs crimes de couples tous réalisés par le même tueur en série, le tueur à la colle.
Lucia et Salomon vont donc collaborer de Madrid à Salamanque en passant par Ségovie, jusqu'aux Pyrénées espagnoles dans la petite ville de Graus et explorer toutes les pistes pouvant mener au tueur, dont les mises en scène s'inspirent de tableaux de la Renaissance et de références aux métamorphoses d'Ovide, sources d'inspiration pour les artistes de la Renaissance.
Pour dépeindre Lucia , c'est une enquêtrice au caractère bien trempé, totalement focalisée sur son travail à tel point que divorcée, elle ne prend pas le temps de s'occuper de son fils et marquée par la mort de son frère lorsqu'elle était ado.
Ce livre qui au-delà de ce thriller bien ficelé et qui nous tient en haleine du début à la fin m'a permis de découvrir les villes de Salamanque, de Ségovie, les tableaux Céphale et Procris de Lamberti Bonnaventura, la mort de Hyacinthe de Caracciolo disciple du Caravage, et le Pyrame et Thisbé de Jean François de Troy. Et il me faudra bien aussi un jour que j'aille faire un tour du côté des métamorphoses d'Ovide
Extrait :
Il était 19h58, et les terrasses de la Plaza Mayor de Salamanque étaient noires de monde malgré le froid, peuplées de grappes d'étudiants et de touristes.
Assis au milieu d'eux, emmitouflé dans son manteau d'hiver, Salomón Borges se réchauffait à l'aide d'un carajillo- du café brûlant additionné de brandy, de sucre et de cannelle -tout en admirant la place illuminée. Un vrai décor de théâtre. L'une des plus belles places d'Espagne, avec ses arcades, ses colonnes, ses rangées de balcons et ses médaillons reprenant les bustes de Rodrigo Díaz de Vivar, plus connu sous le nom de Cid, d'Isabelle et Ferdinand, les Rois très catholiques, de Charles Quint ou encore d'Hernán Cortés et de Francisco Pizarro. Autrement dit, conquêtes, meurtres, colonialisme… Une civilisation dont les briques étaient des cadavres et le ciment du sang. Comme toutes les civilisations depuis la nuit des temps, se dit-il. Est-ce que les civilisations arabe et ottomane n'avaient pas alimenté les marchés aux esclaves pendant des siècles ? Est-ce que leur première préoccupation n'avait pas été de massacrer gaiement leurs voisins ? Est-ce que les Japonais à Nankin ou les groupes armés de la deuxième guerre du Congo avaient été moins cruels que les envahisseurs occidentaux en recourant massivement à la torture et aux viols collectifs ? Est-ce que les Occidentaux ne s'étaient pas également massacrés entre eux plus d'une fois ? La stratégie qui consistait à faire porter tous les torts à l'ennemi pour justifier ses propres crimes était vieille comme le monde.
Salomón termina son cajarillo, se leva.
Romain Puertolas : la dictature des confitures
Ce livre est la fin de la trilogie : Sous le parapluie d'Adélaïde et la police des fleurs, des arbres et des forêts.
Le 2 janvier 2001, la petite ville de P. est en émoi : Alice, fille de Rebecca et Benoît Patrix gantier, âgée de quatre ans, est tombée dans un trou de forage en pleine forêt, alors qu'elle se promenait avec son père…
La veille, comme tous les 1er janvier, l'enfant ayant eu la meilleure note au contrôle de décembre a l'insigne honneur de déposer une couronne de laurier sur la tête en pierre de la statue de Joël.
Alors que le sauvetage s’organise et que les médias s'emparent de l'affaire, un homme pourtant craint que ne ressurgisse de ce puits une affaire qu'il aurait voulu qu'elle y reste enfouie à jamais.
Chaque chapitre porte la voix des différents personnages, vengeance, soupçons jusqu'au coup de théâtre final.
Extrait :
Théo Dutrottard a des secrets.
En plus d'avoir triché à l'examen général de fin d'année, ce qui n'est maintenant plus un secret pour personne, il en a un autre que personne ne connaît et qui lui apportera la gloire. Une paire d'as qui effacera toutes ses bêtises, tous ses péchés. Mais il doit encore attendre. Il a horreur de cela, mais la récompense n'en sera que plus grande, car plus qu'un secret, il a une mission à accomplir. La mission la plus importante de sa vie, et, s'il s'accomplit, il deviendra un héros. Pas un héros qui pose une petite couronne de fleurs sur les oreilles d'une statue, non, un vrai héros, comme dans les livres et dans les films. Un chevalier des temps modernes.
Ne le cachons pas plus longtemps, sa mission a à voir avec Alice. Et quand arrivera le bon moment et qu'il révèlera ce qu'il sait et ce qu'il compte faire, alors sa vie ne sera plus la même.
Joseph O'Connor : les fantômes de Rome
Extrait :
C'est la suite de "Dans la maison de mon père" (envie de lire chapitre 28), mais nous sommes à Rome en février 1944. Cela fait six mois que les nazis sont entrés dans Rome. Les Alliés ont débarqué à Anzio, à cinquante kilomètres au sud de Rome. Le Chœur, un groupe d'hommes et de femmes, réfugiés au sein de la cité du Vatican, résiste en mettant au point une filière d'évasion : ils cachent les réfugiés et les aide à fuir la Ville Eternelle. Leur ennemi : le chef de la Gestapo Paul Hauptmann qui resserre son étau de jour en jour.
Ils sont neuf : Enzo Angelucci, Sam Derry, Blon Kiernan, Delia Murphy-Kiernan sa mère, Jo Landini, la contessa, John May, Hugh O' Flaherty dit Monseigneur, Franck d'Arcy Osborne, Marianna de Vries. Certains personnages ont réellement existé (O'Flaherty, Sir D'Arcy Osborne, Délia Murphy). D'autres sont inspirés de personnages réels comme Hauptmann, Klapper dans la réalité. Ils opèrent de nuit dans le dédale des venelles et des souterrains, au risque de leur vie, pour apporter argent et nourriture dans les différentes planques. Un soir la Contessa recueille un homme gravement blessé qui ne peut être identifier, est-ce un allié, un espion ? Ce qui génèrera quelques tensions dans le groupe.
J'ai beaucoup aimé ce livre, un roman d'actions, d'amitié, de courage et documenté.
Extrait :
"Sam, la Contessa vient de m'apprendre comment elle s'était retrouvée aux prises avec un dilemme au cours de sa mission de nuit, è vero, Giovanna ? Un homme grièvement blessé dans la rue, elle a cru de son devoir de l'amener dans l'un de nos refuges. Décision prise dans le feu de l'action. Elle a pensé qu'elle n'avait pas le choix. Circonstances infortunées et irritantes. Cela aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous.
- Pas à moi.
- Bien sûr, Sam, pas à vous. Nous parlons sans réfléchir.
- Essayez de réfléchir sans parler, Franck. Ca devrait vous plaire.
[...] Allons, Sam, dit l'ambassadeur. Nous sommes entre amis. Mesurez votre ton.
- Je veux que Monseigneur soit informé de cette chienlit.
- Sam, j'ai accepté de le laisser un peu tranquille pendant la durée du carême. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il est épuisé. Oserais-je suggérer à votre bonne nature que cette petite complication peut se résoudre entre nous ?"
L'index tremblant, Derry désigne la fenêtre.
"J'ai sept mille fugitifs dehors, qui savent ce que ça veut dire qu'être épuisés. Se cacher. Avoir faim. Etre désespérés. Effrayés. Si un seul d'entre eux se fait reprendre par les boches, ça pourrait signifier une centaine d'exécutions ou de déportations dans un camp à Fritzville. Nom de Dieu, il ne s'agit pas d'une opérette. C'est la guerre. Vous ne comprenez pas ? Cet homme est peut-être un agent dormant ou un espion de l'Axe."
John Banville : le printemps basque d'April Latimer
Je retrouve avec plaisir John Banville (cf envie de lire chapitre 29 - Neige sur Ballyglass House).
Le Dr Quirke, médecin légiste irlandais, est en vacances en Espagne, à San Sébastian avec sa charmante épouse Evelyn, psychiatre. De restaurants en bars, il repère une jeune femme à son accent dublinois, jeune femme qu'il croît reconnaitre et qui est supposée être morte depuis quelques années déjà April Latimer. Il met en doute son imagination, mais quelques jours plus tard il se blesse en ouvrant des huitres et se retrouve à l'hôpital où il se retrouve face à elle où elle dit se prénommer Angela Lawless. April Latimer étant une amie de sa fille Phoebe, il demande à celle-ci de venir le rejoindre pour confirmer ou non son impression. Elle viendra accompagnée de l'inspecteur Strafford (déjà rencontré dans Neige sur Ballygrass House). Mais un jeune tueur à gages, Terry, prêt à tout pour quelques livres de plus, est mandaté pour occire April.
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre qui débute doucement et dont le rythme s'accélère dans les derniers chapitres. J'espère qu'il y aura une suite…
Extrait :
"- Passez donc au commissariat, voulez-vous ? lui proposa-t-il en reprenant sa voix professionnelle. Je vais prévenir l'accueil de votre visite. Donnez leur juste votre nom et ils vous laisseront passer."
Il raccrocha sans un au revoir.
Sans poser le récepteur, Phoebe s'attarda un instant dans la cabine, à écouter les bips de la ligne coupée et regarder d'un air préoccupé la verdure enchevêtrée derrière les petits carreaux de verre et, au-delà, les grilles du parc. Elle avait le sentiment d'être lâchée. A en juger par son changement de ton, il était clair que Hackett, comme William Latimer, n'était pas vraiment ravi d'apprendre qu'April était peut-être vivante quelque part en Espagne. Elle avait l'impression de traverser laborieusement une haie de taillis et de ronces. Elle n'aurait pas dû appeler Hackett, pas plus qu'elle n'aurait dû appeler William Latimer. Mais bon peut-être que Quirke n'aurait pas dû l'appeler, au départ. Peut-être valait-il mieux laisser les morts tranquilles-même s'ils n'étaient pas morts, mais avaient choisi de faire comme s'ils l'étaient."
Minna Lindgren : les petits vieux font le mur
Après les petits vieux mènent l'enquête qui dénonçait les conditions d'accueil et le traitement des seniors dans les maisons de retraite, voici le deuxième tome de la trilogie. Nous retrouvons Siiri, Irma et Anna-Liisa les trois pensionnaires de la résidence du Bois Couchant, résidence qui est en plein travaux de rénovation. Si je n'avais pas complètement adhéré au premier tome, j'ai mieux aimé celui-là (cf envie de lire chap 35).
Dès la première page, nous entrons dans le vif du sujet : une entreprise a été mandatée par la directrice pour faire les travaux, entreprise qui a la fâcheuse habitude de changer de nom au gré de ses bilans. Plus de services pour les résidents, ni eau, ni électricité et pourtant il faut toujours continuer à payer son loyer !! C'en est trop pour nos octogénaires qui sous l'impulsion de l'ambassadeur - le mari d'Anna-Liisa - décident de se lancer dans la colocation d'un appartement. Là se seront les hôpitaux et les services d'aide à domicile qui seront fustigés.
Loin du cercle fermé de la résidence, ce sera la rencontre avec des gens bizarres qui frappent à tout bout de champ à la porte de l'appartement, des migrants rencontrés au marché, des jeunes, parfois plus déboussolés que nos octogénaires, et les différents personnels du service d'aide qui change tout le temps et dont le travail est minuté à la seconde.
Une chose est sûre, elles aimeraient bien vite retrouver la tranquillité à la résidence du Bois Couchant!
Ce livre c'est aussi l'occasion d'une belle balade dans les rues d'Helsinki.
C'était amusant d'attendre à l'arrêt de tram, quand bien même le temps était horrible. La bise caressait les visages et la pluie était si modérée que personne n'avait pris de parapluie malgré la certitude de finir mouillé. Ainsi était le mois d'octobre à Helsinki. Mais il circulait à Hakaniemi des gens si variés que Siiri aurait pu les regarder sans fin, tous ces passants inconnus, tous ces gens pressés d'aller quelque part. Elle essayait de deviner où ils se rendaient, qui ils étaient, ce qu'ils faisaient comme travail et quel genre de famille ils avaient. Et où leurs parents passaient de mornes jours tandis que ceux-là allaient un peu partout, dans l'urgence, en tirant la tronche.
Elles prirent le 9 pour aller dans le centre, mais ne descendirent pas tout de suite à la gare ferroviaire car Siiri voulait retrouver son itinéraire préféré : la montée de Simonkatu, le fort virage à droite dans Annankatu, et le suivant à gauche dans la rue Urho Kekkonen. Elles étaient assises au fond, sur la dernière banquette, où chaque tournant faisait comme u délicieux frisson dans le ventre. Irma chantait fort et dans les aigus son "Ciribiribin" entrecoupé d'éclats de rire. Pour éviter de se retrouver dans la zone portuaire, elles descendirent devant l'immeuble Sähkötalo dessiné par Gumar Taucher et gâché par Alvar Aalto.
"Là on ne fait pas ça selon tes règles puisqu'on se retrouve à marcher entre deux arrêts" remarqua Irma un peu amère.
Elle admit cependant que le petit surcroît de trajet avait été plaisant. Alors qu'elles traversaient la rue pour rejoindre l'arrêt du 3, le 9 arriva du port : elles y bondirent aussitôt, ravies d'économiser leurs vieilles jambes et de refaire le même trajet qu'à l'aller en descente."
Valérie Perrin : Trois
J'avais beaucoup aimé Changer l'eau des fleurs et j'avoue que Trois m'a beaucoup plu aussi.
C'est l'histoire de trois enfants : Adrien, Etienne et Nina, de leur amitié depuis la fin du primaire jusqu'à l'âge de 40 ans. Leur enfance et adolescence où rien ne les séparera : le groupe de musique Trois et le rêve d'aller à Paris tous les trois pour continuer leurs études. C'est le temps des serments et des certitudes.
Mais la vie ne l'entend pas de cette oreille. Séparation, ruptures, drames, chacun va suivre son chemin, jusqu'à ce que Virginie qui semble bien connaître le trio ne revienne à La Comelle (le hameau où ils ont grandi) en 2017. Elle est journaliste et doit couvrir un accident: une voiture est retrouvée au fond du lac avec des restes humains à son bord. Quels sont les liens de Virginie avec les Trois ? L'auteur nous emmène de 1986 en alternant les époques avec 2017 pour le découvrir. Qu'est devenue leur amitié au fils des années ? Peut-elle à nouveau renaître quand le drame touche un des leurs ?
Le tout est rythmé par une bande son de l'époque et je me suis bien retrouvée dans cette atmosphère de l'époque et dans les amitiés adolescentes, puis la vie qui passe par là....
Les emporta
En plus de leur amitié indéfectible, ils sont liés par les mélodies et les paroles des chansons qu'ils passent des heures entières à composer. Soudés par un projet d'avenir que rien ni personne ne pourra empêcher : partir après le bac. Ils prendront un appart. Partageront le loyer. Feront des petits boulots et finiront sur la scène de l'Olympia.
Adrien rêve secrètement de reconnaissance, il veut que sa musique et ses textes soient célébrés pour faire fermer sa gueule à son géniteur et ne plus jamais sentir son odeur de chlorophylle. Etienne rêve à ce qui va avec la célébrité : le plaqué or et la vie facile. Nina espère chanter, dessiner et vivre un grand amour. Elle le dit haut et fort :
- Pour moi, ce sera le grand amour ou rien.
Elle veut se marier et avoir trois enfants. Deux filles et un garçon. Elle a déjà choisi leurs prénoms : Nolwenn, Anna et Geoffroy. Elle les dessinera et chantera pour eux et son mari.
-Faut déjà que tu te trouves un mari, lui balance souvent Etienne, provocant.
Malgré leurs flirts ailleurs, leur puberté, leurs hormones qui les mènent vers d'autres désirs, d'autres corps, ils ne se lassent pas de partager leurs angoisses, leurs chewing-gums et leurs opinions.
- Moi, je suis de gauche, affirme Nina. Je suis pour le partage.
- Moi aussi, affirme Etienne par esprit de contradiction avec son père.
- Pareil, murmure Adrien, qui voue un culte à François Mitterrand parce que son roman préféré est Belle du Seigneur."
Tracy Chevalier: la fileuse de verre
Comme à chaque fois que je lis un livre de cet auteur, je ne suis jamais déçue. Là encore surprise ! Tracy Chevalier nous embarque sur les canaux et dans la lagune de Venise pour un voyage dans le temps. Celui-ci débute en 1486 pour finir en 2019 avec les mêmes personnages. Le temps ne s'écoule pas de la même façon à Venise et à Murano que sur le terraferma.
"Si vous faites ricocher habilement une pierre plate sur la surface de l’eau, elle rebondira de nombreuses fois, à intervalles plus ou moins grands.
En gardant cette image en tête, remplacez maintenant l’idée de l’eau par celle du temps.
Commencez par vous poster, pierre en main, sur le rivage nord de Venise, face à Murano, l’île du verre, située de l’autre côté de la lagune, à une demi-heure en gondole. Ne lancez pas tout de suite votre pierre. Nous sommes en 1486, à l’apogée de la Renaissance, et Venise règne en maître sur le commerce, aussi bien en Europe que dans la majeure partie du monde. La Cité des Eaux semble vouée à rester riche et puissante à jamais."
En gardant cette image en tête, remplacez maintenant l’idée de l’eau par celle du temps.
Commencez par vous poster, pierre en main, sur le rivage nord de Venise, face à Murano, l’île du verre, située de l’autre côté de la lagune, à une demi-heure en gondole. Ne lancez pas tout de suite votre pierre. Nous sommes en 1486, à l’apogée de la Renaissance, et Venise règne en maître sur le commerce, aussi bien en Europe que dans la majeure partie du monde. La Cité des Eaux semble vouée à rester riche et puissante à jamais."
Orsola Rosso a 9 ans quand débute l'histoire. Elle est la fille d'un verrier de Murano. Cette profession est réservée aux hommes et les maîtres verriers ne doivent pas sortir de Murano pour aller diffuser leurs connaissances de par le monde, sinon c'est la condamnation à mort. Mais la vie fait que le maître verrier (le maestro) son père meure et qu'il faut nourrir la famille, alors Orsola se met à fabriquer des perles sur les conseils de Maria Barovier, dont la notoriété est acquise dans ce domaine. Elle va ainsi découvrir Venise et aussi l'art du commerce. Elle fait la connaissance d'Antonio un pêcheur qui veut devenir verrier et elle en tombe amoureuse.
C'et à travers cette famille que l'on va découvrir l'histoire de Venise sur près de 500 ans et l'histoire de ces verriers au fil du temps.
Venise et la peste où les perles d'Orsola sauveront encore la famille, Venise qui verra son commerce péricliter sous Napoléon et ensuite sous la domination Autrichienne avec la réhabilitation des droits de douane. Puis la construction d'un pont reliant Venise et la terraferma désenclavant la ville. Le début de la Grande Guerre qui va amorcer de rapides changements jusqu'à arriver à la crise du covid en 2019. Et la famille d'Orsola qui à chaque étape verra disparaître les siens et se modifier au gré des aléas de l'Histoire.
Passionnant ce roman, l'histoire de la verrerie à travers l'Histoire mais aussi de la vie quotidienne, politique, économique de Venise.
Orsola soupira. "Le verre est tellement dur à maîtriser.
- C'est ce qui me plaît chez lui. Il est imprévisible ; il a ses propres lois. Il faut t'exercer davantage avant de montrer tes perles au signor Klingenberg. Il ne doit avoir aucun motif pour les refuser. S'il n'y a pas de femmes dans l'industrie du verre, c'est que notre travail doit être parfait pour être accepté par de hommes. Or, avec le verre, la perfection n'existe pas.
- Vous travaillez bien dans le verre, pourtant."
Maria Barovier haussa les épaules. "Je suis une anomalie. L'exception à la règle. A mon avis, il faudra très longtemps pour que les femmes soient admises dans les métiers du verre. Des centaines d'années." Elle scruta sa protégée. "Tu es sûre de vouloir passer ta vie entière à frapper à la porte de l'atelier ?
- Peut-être. - Imagine-toi dans un monde futur, alors, à essayer de gagner ta vie. A fabriquer des perles pour des gentilshommes, des comtesses, et même des impératrices. Imagine qu'ils te rejettent. Une lubie, les goûts qui changent, la guerre, la peste, la pauvreté...Des choses dont tu n'es pas maîtresse. T'obstinerais-tu à faire des perles à la flamme ?"
Orsola regarda au loin les eaux ondoyantes et étincelantes, pensant au chemin ondoyant et étincelant, imprévisible qui s'ouvrait devant elle. "Oui", répondit-elle enfin. Parce que, déjà, elle s'était attachée à sa lampe comme s'il s'agissait d'un enfant.
" Prends ça dans ce cas. Un cadeau pour t'encourager."
Plongeant la main dans sa poche, Maria Barovier en sortit une rosetta flambant neuve qu'elle remit à Orsola, avant de tourner les talons sans même un aurevoir.
Jean-Christophe Portes : La trahison des Jacobins
Je poursuis la série car ce n'est pas mal du tout. Nous sommes à l'été 1792. Joseph à la fin du tome précédent avait été enlevé par l'abominable Dossonville, un cabaretier fréquentant la Cour et mêlé à un trafic de faux assignats et qui a l'oreille de Danton.
Dans ce nouvel épisode, Victor Dauterive se préoccupe également de la recherche de Joseph, qui serait enfermé à Bicêtre (faisant partie de l'Hôpital Général) où se trouvaient les fous, les voleurs, les mendiants, les prostituées, les handicapés ...C'était carrément un enfer pour ceux qui s'y trouvaient.
La mort du policier Bachelu qui enquêtait sur le trafic de faux assignats, fait que Chapier le prend à son service. Antoine Louis Charpier ancien graveur à Chartres a été d'abord au service de la Cour, du duc d'Orléans, puis de La Fayette (comme Victor). Elu commissaire à Paris, puis député, membre assidu des Jacobins et proche de Robespierre.
Dans l'épisode précèdent l'auteur racontait la journée du 20 juin (jour anniversaire du serment du jeu de paume et où le peuple parisien a envahi les tuileries). Ce tome-ci c'est la journée du 10 août considéré comme une deuxième révolution par certains historiens après celle du 14 juillet et comment on en est arrivé là: l'armée Austo prussienne qui menace Paris, le manifeste de Brunswick qui attise la haine des parisiens à l'encontre de la famille royale, les tensions politiques à l'Assemblée dominée par les jacobins qui refusent de déposer le Roi et la crainte d'une radicalisation de la contre-révolution. C'est cette journée-là qui verra la destitution du Roi, l'enfermement du Roi et de sa famille à la prison du Temple, la fin de la Monarchie et aussi les prémices de la Terreur.
Victor va donc mener deux enquêtes de front : retrouver Joseph et le sortir des griffes de Bonnefoy, gouverneur de la correction, et le trafic de création de faux assignats (les billets de l'époque), il va devoir également retrouver la fameuse armoire de fer où Louis XVI cachait se archives très compromettantes pour certains révolutionnaires notamment Danton.
On retrouve dans ce roman Olympe de Gouges dont l'engagement pourrait lui attirer des ennuis, le vieux Duperrier féru de cuisine, Anne-Marie Pothron rencontrée dans le tome 4. Sans compter la description de l'atmosphère et les rues de Paris, ainsi que le Pais Royal lieu de prostitution et le marché des enfants à des fins de prostitutions.
C'était tout simplement effrayant. L'Hôpital général était un gouffre de vice et de violence, le tombeau de toute bonne intention, le royaume de la corruption odieusement camouflée sous le masque de la vertu et du service public. Le symbole même, selon Mariette, de la décomposition de l'ancien régime.
Fondée sous Louis XIV, l'institution dirigée par le Parlement de Paris s'était peu à peu refermée sur elle-même. bien que disposant d'énormes revenus assurés par des taxes, l'Hôpital était en perpétuel déficit. La faute à des détournements d'argent massifs, selon Mariette. Tout en clamant haut et fort leur dévouement, les responsables vivaient dans l'aisance et multipliaient les dépenses. Une grande partie de l'argent disparaissait en marchés truqués, à leur bénéfice et à celui de fournisseurs complices.
Le peu qui restait était pillé par les employés, cuisiniers et surveillants. Quant aux véritables destinataires, les pauvres, les malades et les prisonniers, ils crevaient de faim et de manque de soins.
Anne Perry : Dans l'œil du cyclone
Encore une série. La série Elena Standish dont dans l'œil du cyclone est le premier tome.
Elena Standish est une jeune photographe anglaise. Fille de Charles Standish ancien ambassadeur, et petite fille de Lucas Standish qui a dirigé le MI6. Durant l'été 1933 elle passe des vacances à Amalfi pour se remettre d'une déception amoureuse. Elle y rencontre Ian Newton journaliste économique. Celui-ci meurt dans un train et dans un dernier souffle lui confie une mission à Berlin, celle de déjouer un attentat contre un certain Scharnhorst, proche d'Hitler. La crainte étant que l'Allemagne n'utilise cet attentat contre les Britanniques. Les britanniques ne veulent rien engager contre l'Allemagne pour ne pas connaître une autre guerre aussi atroce que la 1ère guerre mondiale. Mais Starnhorst est tué et Elena est suspectée, traquée par la police et devra se cacher. Elle assiste à la montée de la haine, aux persécutions, les livres sont brulés dans les rues. Grâce à ses photos, elle va documenter la montée du nazisme et ce seront autant de preuves pour son innocence.
Ca se lit bien, mais je n'en ferais pas un coup de cœur et je ne suis pas sûre de poursuivre la série ou pour me conforter si je dois l'abandonner ou non.
- Les gens ont peur, répondit Lucas, qui savait que Howard en était aussi conscient que lui. Le Traité était trop draconien. Nous avons semé les graines d'une autre guerre à ce moment-là, mais nous étions trop aveugles, trop blessés pour nous en rendre compte. Dieu sait combien d'Allemands sont morts depuis lors, de faim ou de désespoir. Hitler leur rend le respect d'eux-mêmes, et la plupart des gens feraient presque n'importe quoi pour cela.
Howard enfonça les mains dans ses poches.
-Je sais. Et je suppose qu'à leur place, soumis à autant d'humiliation, condamné à voir lentement mourir ce que nous avons été, je serais révolté aussi. Rien de tout cela ne peut être résolu par le genre de violence intérieure que prêchent les nazis, et je crois que vous le savez aussi bien que moi. Ce qui m'effraie, Lucas, ce ne sont pas les Allemands qui y croient, mais les Anglais ! Je m'inquiète de tout soutien apporté à la politique d'apaisement.
Minna Lindgren : les petits vieux d'Helsinki se couchent de bonne heure
Je n'en déconseillerais pas la lecture car ils nous font aussi sourire ces petits vieux !Dernier tome de la trilogie. Revenues au Bois du Couchant, Sirii, Irma et Anna-Liisa se retrouvent perdues avec les nouvelles technologies qui ont envahi la résidence. Badges, murs virtuels, ascenseurs dernière génération, robots d'aide à la personne, salle de sport high-tech et salle d'assistance médicale automatisée. Plus de personnel pour superviser tout ça et ajouter un tant soit peu d'humanité. Plus personne ne vient de l'extérieur, puisqu'il faut un badge pour rentrer. De l'extérieur il n'y a que les rats qui envahissent les locaux. En plus une secte soi-disant religieuse a pris en main leurs âmes et surtout leurs portefeuilles. Alors pour retrouver un peu d'humanité Sirii et Irma vont risquer le tout pour le tout.
J'ai trouvé ce dernier tome plus sombre que les précédents, peut-être parce que c'est le dernier et que les protagonistes sont au bout de leur vie… Si dans cette série Minna Lindgren met l'accent sur la vieillesse, dans ce tome plus précisément elle s'attaque à la solitude des personnes âgées, leur mise à l'écart du monde par la digitalisation et aussi parce qu'ils ne produisent plus rien pour la société, aux escroqueries diverses et variées dont ils sont les victimes. Ce n'est pas bien sûr pas l'apanage de la Finlande mais cette gestion de la vieillesse est commune à bien d'autres pays dont la France.
J'avais hésité au départ pour poursuivre la trilogie, le 2e volet m'avait un peu réconcilié mais pas celui-ci, plus par le style que par le thème. Par contre l'auteur nous fait découvrir tous les aspects de la ville d'Helsinki, immeubles et architectes qui ont façonné la ville.
Sirii regarda le petit appareil clignotant dont le travail avait été si brutalement dérangé. Elle se sentit désespérée de voir que la chose la plus simple du monde était devenue d'une difficulté insurmontable. On ne trouvait d'aide nulle part, et la dernière manie de ce peuple de machines, ces citations bibliques qui ne s'arrêtaient jamais, ne faisait que perturber davantage la cervelle. Elle se pencha vers le robot nettoyeur, examina ses boutons et remarqua sur le dos un gros interrupteur rond. Elle lui coupa le courant, lui donna de petites tapes amicales et dit :
BD :Yves Sente - Peter Van Dongen- les aventure de Blake et Mortimer :La menace Atlante
Cet album est la suite des aventures de Blake et Mortimer intitulé l'énigme de l'Atlantide.
Mortimer a été chargé par le gouvernement britannique d'une étude sur l'approvisionnement du pays en énergie. Il se retrouve en Ecosse, mais des nuées de gaz toxique et des explosions inexpliquées dont que le capitaine Blake rejoint son ami et partent en exploration sous-marine. Leur submersible est endommagé et les voilà aux mains d'Olrik et de Magon de vieilles connaissances !
Goscinny et Uderzo : le fils d'Astérix
Tome 27 des aventures de nos deux gaulois. Voilà qu'un bébé a été déposé devant la hutte d'Astérix et Obélix. S'improvisant nounous, ils se demandent qui a bien pu le déposer là. Et pourquoi les romains s'intéressent-ils tant à lui ?



















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