jeudi 6 août 2026

La Provence : de Tarascon aux Saintes-Marie

Envie de quelques jours pour rompre le quotidien et me voici partie une petite semaine en Provence du côté d'Arles !
Hôtel des Granges

Pour nous poser, direction l'hôtel des Granges à 3 km d'Arles, comme il faisait très chaud, la clim et la piscine étaient les bienvenues. Un petit bémol cependant malgré l'annonce d'un restaurant sur le site Web, celui-ci était réservé aux groupes ou aux soirées étapes des professionnels.
J'avais néanmoins négocié un repas pour le jour de notre arrivée.

Autour de l'hôtel, j'avais également remarqué quelques chemins pour se dégourdir les ripatons après la route, mais nous n'avons pas testé très longtemps vu la chaleur. 

Au loin l'Abbaye de Montmajour
Le lendemain matin départ pour Tarascon à une dizaine de kilomètres de là. Je comptais me garer sur le parking du château qui était l'objet de notre visite mais manque de bol c'était la préparation des fêtes de la Tarasque, (qui avaient lieu du vendredi au lundi soir) et le parking était transformé en Village Bodéga avec une grande scène pour accueillir les chanteurs.
Soit ! j'ai tournicoté un bon moment dans la rue et les contre-allées pour trouver une place.

Le château est assez impressionnant, une belle forteresse haute de 45 m construite par Louis II d'Anjou en 1400 après son retour d'Italie et ensuite par son fils Louis III d'Anjou. Son second fils le roi René y fit quelques modifications en 1447. A la mort de son frère Louis III d'Anjou décédé sans postérité, il devient comte de Provence.

Le bon Roi René et sa seconde épouse Jeanne de Laval
Sa première épouse Isabelle de Lorraine
Le château est bâti en bordure du Rhône, ce qui permettaient de contrôler les allées et venues.
Il fut également un lieu d'incarcération pour détenus civils et militaires jusqu'en 1926. Il se compose de deux parties : la basse-cour réservée aux communs et aux hommes d'armes et le logis seigneurial.
Le tarif pour la visite du château est de 8 euros.
C'est la basse-cour que l'on visite en premier,  on accède aux cuisines et à l'apothicairerie puis  au jardin.
La Basse-Cour
La partie la plus intéressante est le logis seigneurial auquel on accède par la cour d'honneur, ensuite le sens de la visite nous mène dans les différentes salles des trois étages par un escalier à vis pour arriver à la terrasse qui offre une belle vue panoramique.
La cour d'honneur

La salle des étuves

Une des nombreuses pièces
Cachot du prisonnier catalan dont les dessins sont datés de 1480. Ce prisonnier était sans doute un maitre-bâtisseur de navires.
Ci-dessous un autel dédié à la Vierge et des jeux d'échecs et de tric trac très prisés au Moyen-Age.

Beaucoup de graffitis laissés par les prisonniers sur les murs et des objets retrouvés dans les cachots.

Du haut de la terrasse belle vue sur les toits de Tarascon.

Collégiale royale Sainte Marthe
Après cette visite direction resto en face du château (pas trop de choix  peut-être à cause des festivités) donc ce fut la table du Roi René pour le plat unique servi ce jour là: un copieux aïoli !
Ce qu'il en reste
Puis une petite visite de Tarascon, à la recherche de Tartarin...la Tarasque sur le parking du château étant inaccessible ...Direction la collégiale en face du château construite au 12ème siècle. Elle est devenue collégiale royale sous le règne de Louis XIII (1601-1643).
Sainte Marthe est venue de Palestine et a vaincu la Tarasque, un monstre terrifiant la population. Marthe mourra en l'an 68.
La crypte (église primitive) abrite la tombe de Sainte Marthe.

L'orgue
Nous déambulons dans les petites rues... un peu écrasés par la chaleur quand même ! Il n'y avait pas grand monde dans les rues !


L'hôtel de ville

Et nous le trouvons enfin Tartarin !
Retour à l'hotel pour se rafraîchir !!! Avant de repartir sur Fontvieille faire le sentier des moulins.
Nous nous garons pas très loin de l'office de tourisme mais sous les arbres à côté des joueurs de pétanque (c'est gratuit). Le sentier est tout proche. Ce n'est pas une très grande balade, mais cela suffira pour aujourd'hui. De toute façon, les accès vers les sentiers sont réglementés du fait de la vigilance rouge incendie. Mais d'abord nous traversons la route pour rejoindre le 1er moulin : le moulin Soudon construit en 1791, appelé moulin tombé car il fut le premier à perdre son toit et ses ailes.
Puis nous continuons vers le moulin Daudet. Son vrai nom c'est Moulin Ribet, construit en 1814. Il arrêta de fonctionner en 1915, restauré en 1935 par la société des amis d'Alphonse Daudet. C'est un moulin  qui était ouvert à la visite, mais qui est actuellement fermé (arrêté de péril) car il nécessite des travaux de rénovation devant être fait la mairie de Fontvieille.
La visite se poursuit par le moulin Ramet sur un éperon rocheux, construit au XIX ème siècle, il fermera en 1900.
Quelques centaines de mètres plus loin, se dresse le moulin Tissot-Avon dont l'activité a cessé en 1905, lorsque son propriétaire le meunier Trophime Avon est mort. Il a entièrement été restauré en 2016. C'était un lieu de recueil privilégié d'Alphonse Daudet.
Le terminus de la visite est le château de Montauban. Cette demeure à la façade monumentale était la propriété de la famille Ambroy. Pour Alphonse Daudet qui y séjournait régulièrement c'était un lieu de repos et une source d'inspiration. Aujourd'hui c'est un musée qui restitue la demeure des Ambroy, cousins de Daudet, et montre des documents ayants appartenus à l'écrivain, ainsi qu'une exposition sur Fontvieille.
Le château de Montauban
Nous finirons au resto sur la place de Fontvieille, avec des assiettes à partager où les fanas de foot se retrouvaient le soir même pour assister au match de la coupe du monde!
Rue de Fontvieille
Le lendemain direction Arles, c'était samedi et le samedi il y a un grand marché le long du boulevard des Lices.
Nous nous sommes garés sur le parking de la gare (gratuit), ce n'est pas très loin du centre.
Nous parcourons un moment le petit rempart puis nous nous enfonçons dans les ruelles du centre rue Voltaire.
Nous sommes assez rapidement arrivés vers l'Amphithéâtre (les arènes). Le théâtre antique est tout à côté et les billets sont couplés.
L'amphithéâtre est impressionnant. Bâti en 90 après J.C. il fait 136m de long. On peut imaginer le combat des gladiateurs. Aujourd'hui il accueille des spectacles et des corridas.


En levant la tête on aperçoit l'église du couvent des cordeliers (entre l'Amphithéâtre et le théâtre antique). Les Franciscains, appelés aussi cordeliers en raison de leur ceinture, une corde à trois noeuds, se sont établis à Arles en 1218. le couvent sera vendu à la Révolution et sera en grande partie détruit. En 1884, les soeurs de St Charles y font construire un pensionnat. Aujourd'hui il abrite le collège St Charles.
Nous avons pris la rue du grand couvent. La porte ci-dessous marque l'entrée du couvent St Césaire. C'était un couvent de femmes. Il fut fermé à la révolution en 1792 et vendu comme bien national et en partie détruit.
Porterie du grand couvent
Nous passons devant la chapelle St Jean de Moustiers qui fait partie du couvent St Césaire (celui-ci a été réhabilité en 2010 et abrite des entreprises), et au-delà de la rue Vauban, nous  traversons des jardins pour nous retrouver boulevard des Lices. Très arboré, il a été achevé dans les années 1820. Aujourd'hui c'est jour de marché, il y a un monde fou : d'un côté la partie alimentaire et de l'autre les vêtements et articles divers...
A côté de l'office de tourisme, nous passons devant la Bourse du travail qui était l'ancien hôpital de la Charité. Il était destiné à accueillir des mendiants pour leur prodiguer des soins, leur donner à manger, leur apprendre un métier.
Sur le boulevard, nous nous asseyons à la terrasse d'un café histoire de se rafraîchir et profite de l'atmosphère !
Ensuite nous sommes remontés Place de la République. Tout d'abord place du marché, puis place Royale pour devenir place de la République.
Lorsque l'on arrive sur la place depuis le boulevard des Lices on ne voit que lui : l'hôtel de ville. Il a été achevé en 1676. Il y a bien aussi cet obélisque (érigé au 17e siècle). Deux édifices religieux l'entourent : l'église Ste Anne, désaffectée, devenue musée d'archéologie de 1825 à 1995, elle accueille des expositions notamment dans le cadre des rencontres photographiques, et la Cathédrale et le Cloitre St Trophime. Bâtie sur un édifice antique entre 1100 et 1180. Le portail sculpté est magnifique.


Retable de l'adoration des Mages peint par Louis Finson
Puis nous avons été dans le cloître qui sert aussi de salle d'expos pour les rencontres d'Arles.
Beaux chapiteaux sculptés et restaurés (vie du Christ et thèmes provençaux) et le toit terrasse offre une belle vue sur le cloitre et le clocher de l'église.






Terrasse et clocher de l'église
Nous avons mangé au restaurant CUIT CUIT  rue du docteur Fanton une grosse salade et une glace.
Puis nous nous sommes dirigés vers les Thermes de l'empereur Constantin tout proches. Ils datent du 4e siècle et sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. Une partie seulement a été fouillée. Ont été mis à jour la salle tiède (le tepidarium), la salle chaude (le caldarium) avec son hypocauste. Les thermes avaient un rôle hygiénique mais aussi social. On pouvait aussi y pratiquer un sport.

Comme il n'était plus possible d'y prendre un bain nous sommes repassés par l'hôtel pour profiter de la piscine et de la clim car il faisait vraiment très chaud.
Après cet intermède fraicheur, nous sommes repartis sur Vallabrègues qui a la particularité d'être dans le Gard et sur la rive gauche du Rhône.
On peut dire que c'est un village qui s'est balloté au fil du Rhône, d'abord sur la rive ouest, il est devenu une île, puis s'est retrouvé sur la rive est...
Comme le dit le dicton :On ne passe pas à Vallabrègues, on vient à Vallabrègues".
C'est un site Natura 2000 (Sites désignés pour protéger un certain nombre d'habitats et d'espèces représentatifs de la biodiversité européenne, ici le Rhone Aval).
Mais Vallabrègues est un village de vanniers. D'ailleurs au mois d'Août se tient le festival de la vannerie qui a lieu 1 année sur 2: le prochain aura lieu en août 2027.

Fin XIXème et début XXème siècle, Vallabrègues a compté 450 vanniers, l'osier poussant le long du fleuve. Les vanniers partaient récolter l'osier dans les baïsses, les terres fertiles et marécageuses du fleuve. Aujourd'hui il n'en reste plus qu'un. Il y a également un musée municipal de la vannerie.



Aujourd'hui d'autres artisans se sont installés: poterie, restauration de meubles, céramique, reliure, art santonnier, peinture, sculpture... et regroupés dans le presbytère.

Une fois notre visite effectuée, nous nous sommes rendus à la supérette U acheter de quoi nous faire un pique-nique, nous avons marché jusqu'à un petit étang à côté de la route d'Aramon. C'était bien agréable, le coin était sympa, il y avait de l'air et pas de moustiques! Les gens du coin ou de la halte fluviale située tout à côté venait y passer un moment pour pêcher ou promener le chien ou les enfants.

Le lendemain direction la Camargue.
Pour avoir un bel aperçu de la faune camarguaise rien ne vaut le Parc ornithologique du Pont de Gau. Plusieurs circuits mais déjà avec le petit tour on voit déjà beaucoup d'espèces.
Nous avons pu voir hérons, flamands, canards, ragondins.






Au bar une autre faune nous attendait de pattes fermes espérant quelques miettes!

Nous avons mangé aux Saintes Maries, au resto la mama Sita et ensuite nous avons continué la rue tout droit pour nous retrouver vers la plage. Notre idée était d'aller sur la digue. Lorsque nous l'avons atteinte, il restait encore bien des kilomètres pour la parcourir et la chaleur nous a découragés surtout qu'il n' y avait pas d'ombre, les plages étaient blindées...
Alors nous avons préféré rebrousser chemin pour s'assoir à l'ombre sur une place regarder les joueurs de boules arrivés peu après nous. Mais on voyait bien qu'on leur avait piqué leur banc, alors il était temps pour nous de faire un tour dans le village, capitale de la Camargue et lieu de pèlerinage.
L'ancien hôtel de ville qui coupe la rue en deux, a été construit en 1876 et a abrité l'hôtel de ville et le prétoire de la Justice de Paix jusqu'en 1933. En 1936 il devient le musée Baroncelli en hommage au marquis Folco de Baroncelli-Avon (1869-1943) manadier et écrivain. Il est aujourd'hui fermé.
C'est en 1448, sous le règne du Roi René, qu'a eu lieu la découverte des reliques des Saintes Maries sous l'autel de l'église. Elles étaient trois, Marie de Nazareth, Marie Salomé et Marie Madeleine.
Le pèlerinage des Saintes Maries a lieu les 24 et 25 mai. Les premiers pèlerinages auraient eu lieu en 1343 sous l'égide du pape Benoit XII.
Le début de la construction de l'église se situe au XI ème siècle, les pierres proviennent des carrières de Beaucaire et de Carry le Rouet.

L'oreiller des Saintes, bloc de marbre découvert sous les crânes des Saintes
Après avoir acheté de quoi faire un pique-nique aux Saintes Maries, nous sommes rentrés prendre le frais à l'hôtel.
Puis nous sommes ressortis direction la chapelle Saint-Gabriel, chapelle romane située à côté de Saint Etienne du Grès.
C'est sous le chant des cigales et à côté de cette jolie chapelle que nous avons sorti le pique-nique. Chapelle romane du XIIème siècle. Elle était située au carrefour (le carrefour d'Ernaginum) de la via Domitia, de la via Aurelia, et de la via Agrippa. Aujourd'hui elle est proche du carrefour qui mène à Arles, Avignon, Tarascon et des Baux. Je l'ai trouvé très belle d'autant plus qu'elle a été très bien restaurée.
Pour plus de description : cf le site des amis de la chapelle: :https://www.amissaintgabriel.fr/chapelle-descriptif/


Scènes de l'ancien testament

Scènes du nouveau testament

Intérieur de l'édifice

Une cigale
Le jour suivant il faisait encore un soleil éclatant et bien chaud. La matinée a été consacrée aux Baux de Provence. Le matin nous n'avons pas cherché à aller sur les parkings du haut et nous avons trouvé à nous garer facilement le long de la route.
A l'entrée une pierre de bauxite. La bauxite, roche riche en alumine, a été découverte en 1821 et va servir à la création de l'aluminium. Son exploitation sur les Baux a commencé fin 19ème siècle. Non loin de là, la carrière des Grands Fonds appelée aujourd'hui Carrière des Lumières produit la pierre du midi réputée pour sa découpe facile et la blancheur de ses pierres a été utilisée pour la construction du village médiéval  des Baux de Provence.
Nous montons tout de suite ne direction du château, tant que le soleil n'est pas au maximum de sa puissance ! Nous arrivons sur une vaste esplanade où un magnifique panorama sur le vallon d'Entreconque s'offre à nos yeux. Du château, les seigneurs des Baux pouvaient contrôler la circulation sur la via Aurelia qui allait d'Aix à Arles.

Le château a été construit au XIème siècle. Alix des Baux a été sa dernière princesse. A sa mort en 1426, la seigneurie est incorporée à la Provence et devient une simple baronnie. Suite à une révolte la forteresse a été démantelée par Louis XI et ensuite, devenue fief du protestantisme, elle a été détruite en 1632 sur ordre de Richelieu.
Le Château
Sur l'esplanade un ancien moulin (où à chaque utilisation le seigneur des Baux percevait une taxe).


Panorama depuis le moulin
Puis passage devant la chapelle Saint-Blaise.

Maison de la tour de Brau
L'ancien temple protestant avec sa devise post tenebras lux : aux ténèbres succède la lumière.

Retour par la rue Neuve. Nous arrivons vers l'hotel de Porcelet (16e siècle) aujourd'hui musée Yves Brayer (1907-1990), peintre figuratif.
A côté, l'église Saint-Vincent en partie creuser dans le rocher.
En face, la chapelle des pénitents blancs (17ème) dont les murs ont été décorés par Yves Brayer de scènes pastorales 


Ensuite retour par les ruelles.
Au fond une partie de l'hôtel de Manville

Pour arriver au musée des santons et avoir une autre vue des Baux.
Musée des santons

Nous avons poursuivi notre chemin jusqu'à St Rémy de Provence, il faisait de plus en plus chaud, nous n'avons pas eu le courage de visiter la ville antique du Glanum qui était en plein soleil.
Nous avons déjeuner au bistrot des Alpilles boulevard Mirabeau, c'était très bon et copieux.
Les petites rues étaient désertes, les coins à l'ombre très recherché !
Fontaine de Nostradamus





Place Favier


Puis retour à l'hôtel et de nouveau pique-nique malgré le temps orageux.
Pendant le pique-nique, un petit insecte assez élégant nous a intrigué, il semblait faire son nid dans la terre à la façon de certaines guêpes, mais son corps n'était pas rayé jaune et noir.
Un séjour bien agréable, le mieux étant de le faire en intersaison pour être moins sujet à la chaleur et pouvoir  profiter de balades sans risque d'incendie.

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