Voilà mes lectures durant cette période festive (avant et pendant), sujets graves ou sujets plus légers tous m'ont embarqué dans différents univers. Une grande évasion!
BD : Isabelle Dethan-Julien Maffre : le tombeau d'Alexandre
BD qui se passe en juin 1858 à Alexandrie et qui regroupe 3 tomes : le manuscrit de Cyrène, la porte de Ptolémée, le sarcophage d'albâtre.
En 1858 c'est Saïd Pacha le fils de Mehemet Ali qui gouverne. Sous son règne Français et Britanniques s'opposent notamment pour le canal de Suez, le chemin de fer...
Le 1er juin 1858 Auguste Mariette est nommé directeur des travaux d'antiquités d'Egypte et il entreprend de protéger le patrimoine archéologique de l'Egypte alors que pillages et vandalismes se multiplient.
Parmi ces pilleurs 7 français découvrent une chapelle dédiée à Alexandre le Grand. Pour découvrir son tombeau ils devront être en possession d'un manuscrit qui leur indiquera l'endroit. Mais d'autres pilleurs, britanniques ceux là, sont à leur trousses.
Une BD bien documentée, l'intrigue et le côté récit d'aventures réussis, côté dessin si le graphisme des décors est bien restitué, j'ai moins aimé celui des personnages.
Alessandro Robecchi : Il n'y a de plus grande folie
Quatrième tome de la série : et toujours dans les rues de Milan.
Carlo Montessori créateur d'émissions télévisées (mais qui se cherche un nouvel avenir) et son copain Oscar Falcone vont chercher un septuagénaire Umberto Serrani à Naples. C'est le fils de celui-ci qui a engagé Oscar pour le retrouver et le ramener.
Carella et Ghezzi, brigadiers de police vont enquêter sur la mort de Giulia Zerbi, traductrice, assassinée sur un trottoir à quelques pas de chez elle.
Or il se trouve que Serrani a longtemps eu une relation amoureuse avec Giulia. Il engage donc Carlo et Oscar pour découvrir ses assassins. Il prend également sous sa protection la fille de Giulia qui est une chanteuse d'opéra prometteuse.
Malgré la pluie qui tombe sans discontinuer sur Milan et qui donne une atmosphère singulière au roman, les deux duos vont chacun se pencher sur le passé de Giulia., qui va les emmener dans le milieu de la pègre, mais aussi dans le monde de l'opéra.
J'aime bien le style de Robecchi, sa façon de nous raconter l'histoire, et j'ai beaucoup aimé ce roman où l'auteur n'hésite pas à prendre le lecteur à parti avec en bande son Dylan et les airs d'opéra.
"Rosa, est ce que j'ai une vieille paire de chaussures ?
- Tu n'as que des vieilles chaussures, Tarcisio... Tu te balades accoutré comme un clochard, si ce n'est pas moi qui t'achète de quoi t'habiller..."
Si vous étiez dans la cuisine avec lui, en train de boire le premier café de la journée, encore en pantalon de pyjama et marcel, vous verriez le brigadier de police Tarcizio Ghezzi lever les yeux au ciel. Mais comme vous n'êtes pas là, faites-moi confiance il lève vraiment les yeux au ciel.
"Je veux dire des chaussures que je peux jeter", dit-il, patient comme quelqu'un qui fait un puzzle de huit millions de pièces. Qui le fait depuis trente ans, avec cette femme-là.
"T'as bien des yeux, non ? Il y a ces vieilles bottes de montagne que tu avais mises pour repeindre la cuisine."
Ghezzi laisse dans sa tasse le café trop brûlant et va fouiller au fond d'un placard, parmi les affaires inutiles qui pourraient devenir utiles, on ne sait jamais. Mais maintenant qu'elle est allumée, Rosa ne s'éteint plus."
En fait je m'attendais à un roman du style du cercle des poètes disparus. Mais non, c'est plutôt un essai.
Au début des années 1980, dans la caserne berlinoise d'Adlershof en RDA, des fonctionnaires de la Stasi se réunissent pour discuter de poésie et échanger sur la composition de vers.
Mais on peut se demander pourquoi la Stasi se pique de poésie ? Les poètes sont triés sur le volet et doivent être conformes à la pensée du régime. Régime qui utilise ces poètes pour répandre son idéologie avec le but dépasser l'Occident du point de vue intellectuel. Mais la chute du mur est passé par là.
Philip Ottermann est parti sur les traces des participants à ce club des poètes.
Extrait:
"Johannes Becher* avait mis le doigt sur l'une des grandes promesses du nouvel ordre social : il n'y aurait pas les ouvriers d'un côté et les intellectuels de l'autre, mais des ouvriers écrivant et des écrivains ouvriers. Il avait même un nom pour ce nouveau modèle de société : la Literaturgesellschaft, ou "société littéraire". Dans une "société littéraire", soutenait-il, l'écriture créative ne se bornerait pas à refléter les conditions sociales, elle les façonnerait. La littérature ne serait pas seulement là pour servir le politique, ni pour en distraire, elle serait l'un des piliers centraux du nouvel Etat socialiste. Car la littérature et, singulièrement, la poésie étaient plus que des mots sur une page. La poésie, insistait-il était "la définition même de tout ce qu'il y a de beau et de bon, d'une façon plus humaine, plus profonde de vivre" : c'était "un ordre créatif, une forme élevée d'existence", " la façon dont l'homme se transcende sans fin". C'était pour défendre cet idéal que Becher s'était engagé en politique. Si Platon avait banni les poètes de sa république idéale, la RDA ferait l'inverse."
*Johannes Becher était le ministre de la culture en RDA de 1954 à 1958.
Leo Malet : Brouillard au Pont de Tolbiac
Paris 1956. Nestor reçoit une lettre d'un ancien chiffonnier Abel Benoit qui lui demande de l'aide et qui lui donne rendez-vous à l'hôpital de la Salpêtrière. En chemin il est abordé par une gitane Belita qui lui demande de ne pas s'y rendre puisqu'il vient de mourir. Mais c'est mal connaître Nestor qui va vouloir éclaircir ce mystère et trouver qui a occis son copain. Car cet Abel Benoît n'est autre que Lenantais un ancien anarchiste avec lequel il a passé sa jeunesse au Foyer Végétalien. Car c'est un sentimental Nestor, il va donc arpenter les rues du XIII ème arrondissement pour trouver des indices. Il trouvera d'autres cadavres sur son chemin mais arrivera trouver le fin mot de l'histoire..
L'occasion de déambuler avec Nestor dans le 13 ème arrondissement, du pont de Tolbiac et de la gare d'Austerlitz, à la place d'Italie et à la Salpetrière en passant par des rues aux noms improbable passage des Hauts de Formes, rue Croulebarbe, rue Berbier du Mets, rue des Cinq Diamants, rue des Terres-au-Curé, rue des Reculettes, dans une époque révolue où les rues sont bordées de maisons délabrées, de friches industrielles enveloppées dans un brouillard qui confère une atmosphère oppressante et rappelle que Burma est lui aussi dans le brouillard pendant ue bonne partie de son enquête.
Extrait :
"Maintenant la nuit était presque totale. Une légère brume nimbait le paysage. Des gouttelettes froides tombaient des extrémités des branches et des auvents où elles s'étaient accumulées dans l'attente d'une victime. Les passants se hâtaient, le nez baissé sur la poitrine, comme honteux. De loin en loin, concurrençant les candélabres, un bistrot projetait sur toute la largeur du trottoir une zone lumineuse, chaude d'une odeur d'alcool et de musique mécanique.
La pipe au bec, les mains au fond des poches de ma canadienne douillette, j'éprouvais une étrange sensation de volupté - teintée d'un arrière-goût suspect -, à fouler de mes pieds, confortablement chaussés de pompes anti flotte à épaisses semelles, cet asphalte sur lequel j'avais tant traîné la savate. Certes, j'étais bien encore fauché, de temps en temps et plus souvent qu'à mon tour, mais ça ne se comparait pas. J'avais fait du chemin depuis. Je ne devais pas être le seul. Tout le monde avait dû en faire. Que ce soit dans un sens ou dans un autre. Oui, dans un sens ou un autre ! Qu'est-ce qu'il lui avait pris à Lenantais, de m'obliger à me replonger dans le souvenir des jours lointains ? Quelque chose me disait qu'il n'aurait pas dû."
Jean-Christophe Portes : l'affaire de l'homme à l'escarpin
Le tome 2 des enquêtes de Victor Dauterive.
Nous sommes à Paris en juillet 1791. La fuite du Roi et de sa famille les 20 et 21 juin et son arrestation à Varennes. En juillet 1791, à l'Assemblée les discussions sont houleuses entre les Cordeliers menés par Danton, Choderlos de Laclos, Marat et les Jacobins avec Mirabeau, Robespierre, Barnave et La Fayette. Que va devenir la Monarchie ? Les Cordeliers veulent la déchéance du Roi mais pas les jacobins qui veulent voter l'inviolabilité du Roi et le rétablir dans ses fonctions.
C'est dans ce contexte que nous retrouvons Victor Dauterive, le protégé de Lafayette, sous-lieutenant à la Gendarmerie Nationale.
Un jeune homme est découvert assassiné dans les rues de Paris, il est nu avec une paire d'escarpins vernis. Les indices sont faibles mais l'enquête menée par le commissaire Pierre-oseph Piedeboeuf nous apprend que la victime se nommait Augustin Bouvard, fréquentait les milieux homosexuels et travaillait pour un journal politique dirigée par Lousie de Kéralio. Le duc D'Orléans soutenu par les Cordeliers veut s'emparer du pouvoir et fomente une insurreJction. Victor est chargé par la Fayette de déjouer cette conspiration en infiltrant les Orléanistes et comprend que cet assassinat est en fait lié à des complots visant le Roi, La Fayette et ceux qui les soutiennent.
Ce complot aboutira le 17 juillet à la fusillade du Champ de Mars et à la répression des cordeliers. Conséquence : le Club des Cordeliers y perdra quelques membres et également de son influence.
On y découvrira des femmes comme Olympe de Gouges une amie de Victor, révolutionnaire et féministe, qui outre ses pièces de théâtres et autres écrits politiques a rédigé la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Louise de Kéralio première femme à être rédactrice en chef d'un journal au XVIIIème siècle "le Mercure National".
J'ai bien apprécié cette lecture à la fois documentée et divertissante.Extrait :
" Un grand vent de liberté soufflait depuis 1790 sur les anciennes corporations, ces privilèges qui selon beaucoup de députés freinaient la liberté économique. Les fiacres et autres voitures de louage n'avaient pas échappé aux réformes, et c'est ainsi que le monopole détenu jusqu' alors par la Compagnie du sieur Perreau avait été aboli. En quelques mois, des dizaines d'entreprises étaient nées. N'importe qui pouvait tenter sa chance pourvu qu'il s'acquitte de la taxe de cinq sous par jour, qu'il respecte l'uniforme des cochers, le code de la route, et les règles de fabrication des véhicules. Cependant, la profession restait strictement surveillée par la police. La numérotation des quelques deux mille fiacres demeurait obligatoire. Et les autorités contrôlaient toujours autant l'identité des conducteurs, leur comportement et leur passé judiciaire.
C'était grâce à ce système de numérotation que Dauterive pensait pouvoir retrouver les têtes du complot d'Orléans."
Victoria Mas : un miracle
J'avais bien aimé son premier roman le bal des folles. Et donc j'ai récidivé avec un miracle. Mais je dois dire que le miracle n'a pas eu lieu pour moi. Rien ne m'est apparu et ce roman ne m'a pas convaincu. J'y ai quand même trouvé un beau style d'écriture. Mais voilà, il m'a été difficile de m'attacher aux personnages et au récit.
Le livre commence en 1830 où soeur Catherine dans son couvent parisien de l'ordre des Filles de la Charité voit la Vierge lui apparaître. Puis le chapitre suivant nous emmène à Roscoff où débarque soeur Anne. Soeur Rose lui ayant prédit que la Sainte Vierge apparaîtrait en Bretagne, soeur Anne s'est donc portée volontaire pour une mission dans cette contrée bretonne à la fois chrétienne, celtique et païenne, où la religion est importante ainsi que les pèlerinages.
Nous croisons le chemin de la famille Bourdieu, très catholique, qui est venue sur l'île de Batz pour améliorer la santé de leur fille Julia. Leur fils Hugo est passionné d'astronomie mais est incompris par son père. Il rencontre Isaac, un petit garçon vivant seul avec son père Alan, suite au décès de sa mère. Sensible, solitaire, Isaac est délaissé par son père et s'endort non sans avoir comtemplé longuement la photo de sa mère. Il trouve souvent refuge chez Madenn, la restauratrice du village. Hugo essaie de lui faire partager sa passion pour l'astronomie mais Isaac voit. Il voit une femme. Pour les habitants du village il a vu la Vierge, ils se regroupent autour du promontoire, font des processions. Mais Isaac dit-il la vérité ? Qu'a-t' il vu exactement ? N'est-ce pas tout simplement sa mère qu'il recherche ?
Et la fin du livre corroborera les dires du père Erwann : "- Pour être sincère, j'espère que ce garçon dit faux... Il jeta un coup d'oeil vers l'île voisine, appréhendant ce qu'il s'apprêtait à rencontrer, accablé par cette responsabilité qu'il n'avait pas envisagé avant de prendre l'habit. - Il n'a jamais été bon d'être voyant."
Extrait :
" Ce souvenir remplaça son cauchemar, et soeur Anne se releva du lit, convoquant chaque détail de sa mémoire : ce visage absorbé, et qu'elle avait regardé en guettant un rictus, une fébrilité, un signe infime qui aurait trahi l'imposture, qui aurait révélé que ce garçon trompait tout le monde, par malice, par manque d'attention, par ennui. Un frisson parcourut ses bras ; elle s'empara du châle et enveloppa sa peau nue. Elle arpenta la pièce, les bras en croix, les mains accrochées aux mailles de son châle, comme pour éviter de tomber en avant. L'adolescent n'aurait pas été le premier mystificateur, nombreux avant lui avaient berné les foules, prétendant que la Vierge leur apparaissait, simples escrocs, véritables illuminés, croyants prétendant côtoyer le divin. A chaque instant, la foule s'était laissé convaincre, dupée par l'espérance, voulant croire que la Vierge veillait toujours : seule elle promettait encore là où les hommes avait échoué."
Robert Goddard: l'énigme des Foster
Voilà un livre que j'ai eu du mal à lâcher !
J'ai découvert Robert Goddard avec le secret d'Erwin Strafford (voir le résumé dans envie de lire chapitre 8, j'ai poursuivi avec l'héritage Davenall (envie de lire chapitre 10) puis les mystères d'Avebury (envie de lire chapitre 19).
Et me voilà partie pour 496 pages de rebondissements, drames, amour et manipulations.
1968 : Nous sommes dans une petite ville côtière des Cornouailles à St Austell où Jonathan Kellaway est engagé pour un job d'été chez Walter Wren &Co, entreprise spécialisée dans l'exploitation du kaolin. Pendant cette période il se lie avec les deux arrières petits-enfants du fondateur, Vivien et Oliver, avec qui il ira jusqu'à partager des vacances à Capri mais aussi partager les secrets de famille. Un des secrets réside dans le suicide de Kenneth Foster, mari de Muriel, petite fille de Walter Wren et père des deux enfants, qu'Oliver tente de percer.
Muriel Foster s'est ensuite remariée avec Gréville Lashley dont elle a eu un enfant Adam.
En 2010, sur le point de prendre sa retraite, Jonathan se voit confier par le PDG Gréville Lashley la mission de retrouver des dossiers disparus des archives, Gréville Lashley ayant demandé à Fay Withworth, une historienne d'écrire l'histoire de la Société, passée de Wren à Cornish China Clay et ensuite à North Américan Kaolin puis dans le giron d'IK Intercontinental Kaolins.
Cette enquête va permettre à Jonathan de se remémorer sa jeunesse, et à nous de pénétrer dans l'intimité de cette famille et nous amener à suivre un jeu de piste de St Austell à Capri en passant par Naples, jeu de piste dont nous ne connaitrons la solution qu'à la fin.
Extrait:
" Il eût un froncement de sourcil peiné, comme s'il était déconcerté par mon attitude peu coopérative. " Je vais devoir insister, Jonathan. Relis ton contrat, il y est précisé :"...et tout autre tâche dont le président-directeur-général estimerait être en droit, de temps à autre, et à sa discrétion, de vous demander de vous acquitter." On en a là un bel exemple. Tu ne voudrais quand même pas risquer une rupture de contrat à quelque mois de la retraite, Ce serait...plutôt idiot, tu ne trouves pas ?"
Idiot, pour le moins en effet. Mais, d'un autre côté, partir à la recherche de dossiers d'entreprise disparus remontant à quarante ans ou cinquante ans en arrière ne me paraissait guère plus sensé. En repensant à mes premiers contacts avec Cornish China Clays, en 1968, j'eus un frisson d'appréhension. C'était incroyable, cette période aurait dû constituer pour Greville Lashley un livre qui ne pouvait que rester fermé à tout jamais. Mais à quoi pensait donc le vieil homme ?"
Romain Slocombe: les revenants de l'inspecteur SadorskiC'est le deuxième tome de la Trilogie des damnés, le premier étant Sadorski chez le docteur Satan et le huitième de la série Sadorski.
Nous voilà en mai 45, la paix est sur le point d'être signée. Les déportés reviennent des camps et pour Sado, révoqué de la police et condamné à mort par contumace qui se cache avec sa femme, Yvette, sous le faux nom de Jules Réquillard) les ennuis risquent bien de frapper à sa porte. Il comprend bien qu'il a surtout intérêt à ce que ceux qu'il a envoyé dans les camps ne reviennent pas. Effectivement Jacques Odwak, le père de Julie, qui habitait le même immeuble que les Sadorski, vient lui demander des nouvelles de sa fille, Sadorski ment et nie l'avoir hébergé quai des célestins. Il tient à ne pas trop en dire pour ne pas se compromettre d'autant plus qu'il a trouvé un emploi chez un détective d'art, Jaakov Avivsohn. Ce dernier, comble de l'ironie, est mandaté pour rechercher et restituer aux victimes ou à leurs familles, les oeuvres d'art confisquées aux juifs durant l'occupation. Ils sont à la recherche notamment d'un tableau d'Oskar Fröhlich (en réalité Otto Freundlich, polonais, peintre fondateur de l'abstraction et du constructivisme assassiné en 1943 au camp de concentration de Lublin-Majdanek).
Ce tome est centré sur les magouilles des marchands d'art et des collectionneurs, à qui en tirera le plus de profit : comme les Allemands avaient en horreur l'art moderne (l'art dégénéré) les marchands d'art leur échangeaient à leur avantage des peintures des 16e-18e siècle contre des peintures de la première moitié du XXe. Mais avec le retour des déportés il évoque aussi l'horreur des camps de concentration dans des descriptions que j'avais du mal à lire.
C'est aussi la vie à Paris quelques mois après la libération pas forcément un chapitre glorieux non plus, avec les résistants de la dernière heure, les femmes qui paradent aux bras des américains comme elles paradaient au bras des allemands.
Un immense travail de documentation et une fresque remarquable.
Extrait :
"On s'agite, malgré tout, dans le hall de la gare de Pantin. Hommes et femmes piétinent, certains avec des bouquets de fleurs. Ils vont aux nouvelles, reviennent. D'autres consultent des listes affichées, qui concernent les transports prochains depuis l'est, et leurs effectifs de revenants. Le convoi est annoncé pour 8 h. C'est l'un des derniers, apprend Sadorki: le flot des grandes migrations qui a débuté mi-avril est sur le point de se tarir - on peut donc imaginer que les absents ne reviendront jamais.[...] Des officiers à képi, l'attitude sévère, importante, martiale, et aussi - ce qui est nouveau - des officiers femmes, lieutenants ou sous-lieutenants, déambulent avec des chemises et des dossiers. Sadorski observent les hommes avec défiance : ce serait des "naphtalinés" que ça ne l'étonnerait pas ! L'expression amusante, désigne ces militaires de bureau, gaullistes, ex-pétinistes, qui n'ont jamais combattu et, la victoire s'étant accompli sans eux, investis à présent de quelque mission peu utile, ont ressorti leur tenue de réserviste du placard pour jouer les matamores, emmerder les gens et tout ralentir.
Sadorski est allé examiner lui aussi les listes punaisées sur des panneaux le long des murs. Il n'y trouve nulle part mention de Ravensbrück, et encore moins d'une déportée qui s'appellerait Jacqueline Perret."
Antonio Garrido : le jardin des énigmes
Extrait:
Rick Hunter est chasseur de criminels et survit dans le Londres de 1850, àla veille de l'exposition universelle de 1851. Suite à un drame personnel, Rick botaniste pour la compagnie des Indes Orientales est venu à Londres et s'est associé à Joe Sanders. Mais lorsqu'il décide de rompre l'association qui le liait à Joe, celui-ci décide de l'éliminer. A la suite de l'altercation, il récupère un des fusils des agresseurs et découvre une adresse celle de Passion d'Orient qui s'avère être un magasin de fleurs. Il s'y rend pour se faire embaucher et découvrir le lien entre ses agresseurs et ce magasin. Il y côtoie l'inquiétant consul d'Allemagne Gustav Gruner, un aristocrate lord Bradbury, Daphné Loveray une aristocrate énigmatique. Aidé de son ami Mémento, il va tâcher de découvrir le lien entre tous ses personnages. Cryptographie, langage des fleurs, espionnage, vengeance, amour voici les mots clé de ce livre.
"-Bon, je ne pense pas non plus mal agir. Au bout du compte, tu fais partie de la famille, commença-t' elle après une nouvelle inspiration qui fit gonfler son tablier. Eh bien voilà, ce que je voulais t'expliquer, c'est que ce bouquet ne peut pas être modifié au risque d'altérer le message secret qu'il contient.
En entendant message secret, Rick dressa les oreilles comme un loup à l'affût d'une proie. Il mordit dans sa pomme et s'approcha de Penny pour ne manquer aucun détail. La vendeuse tira un autre fruit de son panier, le croqua comme si elle avait besoin de manger et poursuivit:
-En fait, à Londres, les Hartford n'ont jamais été considérés comme de simples fleuristes. On raconte que pendant des générations ils ont été les jardiniers de la famille royale à Edimbourg. C'est là-bas qu'ils ont appris le langage des fleurs, un code secret inspiré des anciens harems turcs, que notre ancien monarque George II en personne a découvert à l'occasion d'un voyage à la cour de Suède."
Valério Varesi : les mains vides
Suite des enquêtes du commissaire Soneri.
Cette fois ce n'est plus le brouillard ou les brumes de la plaine du Pô qui planent sur Parme, mais un soleil d'août implacable et une chaleur étouffante.
Pour le commissaire Soneri nouvelle enquête : un commerçant du centre ville Francesco Galluzzo est assassiné. A première vue un mobile classique, mais son enquête le mène dans le monde des usuriers et de la finance fait de sociétés irréprochables dont les investissements transforment sa ville.
Cette chape qui s'abat sur la ville ce n'est pas seulement celle de la chaleur mais celle de la pieuvre qui enserre Parme.
Entre bandes mafieuses qui se partagent les marchés de la drogue et d l'immobilier, Soneri, flic intègre et fidèle à ses valeurs, se sent impuissant et a du mal à venir à bout de son enquête. Il en sortira désabusé de voir que rien ne peut changer, fatigué et les mains vides.
Extrait :
"Gerlanda sourit et laissa échapper une expression qu'on aurait presque pu prendre pour de la bienveillance.
"-Vous m'êtes sympathique, dit-il. Vous croyez que j'ai envie de me retirer ? On est bien obligé d'accepter ce monde, c'est le seul que nous avons. Tous ceux qui prétendent le refuser l'acceptent quand même, qu'ils le veuillent ou non. Et soit ils commandent, soit ils obéissent. Arrêtez de croire que ça sert à quelque chose de lutter contre deux ou trois exécutants, aussi impitoyables soient-ils. Les vrais délinquants sont beaucoup plus haut, y compris parmi ceux qui sont censés garantir la sécurité de tous, et ce genre de connerie du respect des règles. Théâtre, tout ça, rien que du théâtre ! Où tout peut s'acheter parce qu'il n'y a que l'argent qui compte, c'est tout. Vous pouvez bien coincer deux ou trois pauvres types avec des flingues ou deux ou trois voleurs, mais pour un de pris, vous en trouverez mille autres avec la faim au corps qui espèrent prendre leur place."
Soneri se rappela le haussement d'épaule de Juvara et l'indifférence de l'ensemble de la ville, et réalisa qu'il n'avait pas de grands arguments à opposer à la thèse de Gerlanda."










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